Histoire du plus grand carnaval d'hiver au monde
En résumé...
Dès les débuts de la colonie française, les habitants de la Nouvelle-France avaient pris l'habitude de se réunir pour fêter un bon coup, juste avant la période du carême. Déjà , à cette époque, le carnaval - un mot d'origine italienne qui signifie mardi gras - désignait cette période intense de célébrations. La tradition de fêter de la fin janvier jusqu'à la mi-février ne date pas d'hier.
À Québec, dans la Capitale mondiale de la neige, le premier grand carnaval d'hiver est lancé en 1894. Ainsi, une population souvent éprouvée par les rigueurs hivernales, ranimait une tradition populaire et mettait sur pied une fête des neiges qui réchaufferait les coeurs. Interrompu par les deux guerres et la grande crise économique de 1929, le Carnaval resurgit sporadiquement jusqu'à la deuxième moitié du siècle. En 1954, dans une perspective de développement économique de la Vieille Capitale, un groupe de gens d'affaires relance la fête. Bonhomme naît en 1954 et est élu représentant de l'événement. La première édition du Carnaval d'hiver de Québec a lieu en 1955. Le Carnaval de Québec devient alors une manifestation incontournable pour la population de Québec et un moteur de l'activité touristique hivernale de la ville.
D'un hiver à l'autre, la programmation du Carnaval s'est enrichie. On a ajouté aux activités populaires que sont les sports d'hiver, la sculpture sur neige et autres, des activités puisées dans le mode de vie folklorique québécois, comme la course en canot et la course en traîneaux à chiens.
Aujourd'hui, le Carnaval de Québec est le plus grand carnaval d'hiver au monde et obtient la troisième place au palmarès des grands carnavals, suivant de près les célèbres carnavals de Rio et de la Nouvelle-Orléans.
De 1893 Ã 2004
Source : Jean Provencher - Le Carnaval de Québec, la grande fête de l'hiver
Au début des années 1890, l'économie tourne au ralenti en Amérique du Nord. La région de Québec est particulièrement touchée avec la fermeture définitive de ses chantiers navals et le début des difficultés de l'industrie de la chaussure. Le 19 octobre 1893, le propriétaire du Quebec Daily Telegraph, Frank Carrel, lance l'idée dans les colonnes de son journal d'un nouveau carnaval à Québec.
1894

En 1894, le char allégorique de la fabrique de cidre et de boissons gazeuses Timmons, côte d'Abraham, est prêt pour le défilé.
1928

Pendant l'hiver 1928, au coin des rues Buade et des Jardins, le Club Automobile de Québec est fier, avec raison, de cette sculpture de glace devant ses bureaux.
1940

En 1940, par un bel après-midi ensoleillé, tout près du Château Frontenac, un meneur de chiens exerce son attelage à la course.
1954

Les fondateurs du Carnaval, bien emmitouflés, portent fièrement la ceinture fléchée, alors qu'il neige sur Québec. Louis-Philippe Plamondon au centre, Wilbrod Bherer à sa droite et Louis Paré à sa gauche.
1955

Première édition du Carnaval de Québec contemporain. Création de l’effigie. Bonhomme Carnaval fait son apparition, entouré de duchesses; celle qui vendra le plus de billets sera proclamée reine du Carnaval. Jusqu’en 1972, on érigera le Palais de glace Place à D’Youville.
1956

Rue Saint-Louis, un groupe de raquetteurs défile le jour du Mardi gras.

Au Colisée, extrait du grand spectacle du couronnement de la reine sur le thème "Dansons l'année!"

On préparait depuis longtemps cette mascarade magnifique au Colisée.

À la porte Saint-Louis, une pleine diligence de mardi-gras.
1957
La région de Québec est divisée en sept duchés. Chaque duché aura à sa tête une duchesse. Celui dans lequel on vendra le plus de billets en faveur de sa duchesse permettra à celle-ci de devenir reine du Carnaval. Jusqu’en 1996, on tiendra à 31 reprises la descente aux flambeaux à Lac-Beauport.
1958

La course en canot se déroule dans les pires conditions de l’histoire de cette classique. Seulement 4 des 21 équipes reviennent à bon port.
1959

Pour remplacer les billets de tirage, création d’un nouveau concept de financement : la Bougie du Carnaval. Pour la première fois, l’élection de la reine se fait par tirage au sort de capsules.

La course de tacots fait maintenant partie de la programmation.

Conception de Gaston Robert, le char de la reine Maryse Gaudette au défilé de la Haute-Ville.
1960

En 1960, voici que naît la rue du Carnaval.
Pour la première fois, le premier ministre du Québec inaugure le Carnaval. Les résidents de la rue Sainte-Thérèse élèvent de nombreux monuments de neige ou de glace, ce qui fait de l’endroit la rue du Carnaval. On inscrit à la programmation du Carnaval le nouveau Tournoi international de hockey pee-wee. Jusqu’en 1999, à peu près chaque année, on exposera les chars allégoriques pour permettre à la population de les voir de près.
1961
Premières compétitions de sauts de barils.
Jusqu’en 1997 se tiennent de manière irrégulière des courses de motos sur glace.
1962

En 1962, le Palais a des allures futuristes. Son concepteur, l'architecte André Robitaille, s'est inspiré, dit-on, d'une photographie d'iceberg prise en 1908 par le capitaine Joseph-Elzéar Bernier au cours d'une de ses expéditions dans le Grand Nord. Les ateliers, situés sur la rue Joly, ont été construits et existent toujours aujourd'hui.
1963

Le saut de barils pratiqué au Carnaval jusqu'à la fin des années 80 est un sport aujourd'hui disparu. La plupart des champions canadiens à compter de 1940 étaient des Québécois. De plus, pour la première fois en 1963, le couronnement de la reine du Carnaval a lieu à l’extérieur, soit à la piste de course du terrain de l’Exposition. Jamais le Carnaval n’aura attiré autant de monde à Québec.
1964

L’appellation de Bonhomme Carnaval et l’image du personnage deviennent des marques de commerce déposées. Ouverture des Voûtes Chez Ti-Père, rue Sainte-Thérèse.
1965
Création de place Carnaval, lieu d’activités carnavalesques au parc Victoria, en Basse-Ville. Un Grand Prix automobile a lieu jusqu’en 1978, puis de 1984 à 1994. Jusqu’en 1995, on tient un tournoi d’échecs à 18 reprises. Création de l’Ordre de Bonhomme.
1966

Participation d’une première équipe féminine à la course en canot. À l’été, première consultation populaire sur le Carnaval; des milliers de familles reçoivent un questionnaire leur permettant de donner leur opinion. On renouvelle l’expérience l’année suivante. Création de l’ordre des Duchesses.
1967
À la suite des consultations populaires, le couronnement de la reine est de nouveau présenté au jeu de lumière.
1968
Dans le rapport annuel, on qualifie cette édition de « Carnaval des innovations ». Création de jeux interduchés, retours d’anciennes activités comme le bal de la Régence, le défilé des chars allégoriques fabriqués par des enfants et le feu de joie sur les plaines d’Abraham.
1969

Visite avec Bonhomme à l'institut Saint-Joseph, à Lévis.
1970
On prend l’habitude de clôturer l’événement avec un feu d’artifice. Jusqu’en 1993 se tiennent sporadiquement des courses de motoneiges. Bonhomme Carnaval devient un ambassadeur et commence à voyager pour promouvoir le Carnaval de Québec.
1971

Le Palais de glace de 1971. Cette année-là , le Carnaval est éprouvé par de nombreuses tempêtes de neige. En direct du Grand Théâtre, qui ouvre ses portes, on télédiffuse pour la première fois l’élection et le couronnement de la reine.
1972
Désormais, on ne tiendra plus compte du calendrier grégorien pour fixer les dates de la tenue du Carnaval. Celui-ci se terminera, par exemple, un dimanche soir et non plus le soir du Mardi gras.
1973

On construit le Palais de glace sur l’esplanade, devant l’Hôtel du Parlement, et non plus à place D’Youville. Cette même année voit le jour à cet endroit, appelé place du Carnaval, le Concours international de sculpture sur neige devenu en 1996 l’International de sculpture sur neige. Cette année-là , les Québécois se mesurent aux Français, aux Américains et aux Japonais. On modifie aussi le nom officiel de l’événement; le Carnaval d’hiver de Québec devient plus simplement le Carnaval de Québec.
1974

Aux carnavals de 1973 et 1974, Bobino (Guy Sanche) et Bobinette, personnages de l'émission de télévision tant aimée des enfants, s'amènent à Québec pour donner quatre spectacles au Manège militaire. Bobinette a pris soin de se déguiser en Bonhomme Carnaval, avec tuque rouge et ceinture fléchée...
Deux semaines avant l’ouverture du 20e Carnaval, le toit des ateliers, rue Joly, s’effondre sous le poids de la neige et de la glace. Six chars, dont ceux de Bonhomme Carnaval et des duchesses, de même que 174 têtes de bouffons, 2 sirènes et 1 dauphin, y passent. À la faveur d’un courant de sympathie populaire, la vente de la bougie du Carnaval touche un record absolu. Près de 346 000 bougies trouvent preneur. Commence à se tenir un déjeuner western. Jusqu’en 1985, on organise aussi un concours de moustaches.
1975

Janvier 1975. On inspire la joie au Colisée. Bonhomme s'avance pour la mise au jeu. Le Carnaval commence dans quelques jours. Les Nordiques viennent tout juste d'acquérir le joueur-étoile Marc Tardif (no 8). À sa droite, Jean-Claude Garneau. À sa gauche, le défenseur Pierre Roy et le gardien de but Serge Aubry. Derrière Bonhomme, masqué par son épaule, le défenseur Mario Marois.
Création d’une nouvelle activité, dite La Relâche, le vendredi, de midi à minuit. Beaucoup d’employeurs donnent congé à leurs employés pour leur permettre d’aller danser au Centre des congrès de Québec. On répétera l’événement jusqu’en 1986, parfois jusque tard dans la nuit. Première participation des Inuits au Concours national de sculpture sur neige.
1976
Jusqu’en 1992 a lieu un championnat de patinage de vitesse.
1977
Jusqu’en 1991, on tient un concours de sculpture pour les enfants.
1978
Bonhomme se rend jusqu’à Poste-de-la-Baleine (devenu en 1980 Kuujjuarapik), sur les rives de la baie d’Hudson, faire une vitesse aux Inuits qui ont gagné le Concours international de sculpture sur neige.
1979

Jusqu’en 1992, faute de fournisseur de glace dans la région, on construit le Palais en neige.
On célèbre le 25e anniversaire du Carnaval.
1980
Création de deux nouvelles places : place des Enfants (1er terrain de jeux d’hiver dédié aux enfants) et place du Manège (lieu de rencontres carnavalesques où l’on organise des soirées à caractère social et populaire).
1981

Le Palais de glace de 1981.
L’Effigie de Bonhomme Carnaval est mise en vente partout dans la région de Québec.
Jusqu’en 1991, concours de coiffures et de maquillages excentriques.
1982
Bonhomme se rend jusqu’à Acapulco, au Mexique, pour représenter le Carnaval et la ville de Québec, à l’occasion d’un congrès de l’industrie touristique.
1983
Jusqu’en 1994, on remplace la bougie de cire par une « bougie-gratouille », s’apparentant à un billet de loterie.
Premier défilé de nuit à partir de Charlesbourg.
1984
On souligne le 30e anniversaire du Carnaval.
1985
Commence à se tenir le déjeuner des chefs d’entreprise.
1986
Pour la première fois, en raison d’abondantes chutes de neige, on doit reporter le tirage de la Bougie du Carnaval.
Désormais, des équipes féminines participent à la course en canot.
1987
On inscrit le bain de neige à la programmation.
1988
Le Carnaval reçoit la visite de quelques célébrités d’Hollywood : la couverture médiatique internationale s’accroît.
1989
Pour la première fois, une femme est à la tête de la présidence du Carnaval.
1990
Place des Enfants, se trouve au parc Cartier-Brébeuf, mais déménage sur les plaines d’Abraham et prend le nom de place de la Famille.
1991
Toute activité carnavalesque cesse sur la rue Sainte-Thérèse.
1992
L’International de sculpture sur neige déménage sur les plaines d’Abraham.
1993
On revient à la construction d’un Palais fait de glace plutôt que de neige.
1994
Le Carnaval célèbre son 40e anniversaire.
1995
Retour à la bougie de cire.
1996
Les dirigeants du Carnaval font le choix d’une fête hivernale, populaire, à caractère familial d’abord. On regroupe l’ensemble des activités sur deux sites majeurs : l’esplanade de l’Hôtel du Parlement et les plaines d’Abraham.
1997

Une des équipes féminines de la course en canot de 1997. En avant, à bâbord, Julie Lafleur; à tribord, Dominique Grenier; en arrière, à bâbord, Suzie Ketene; à tribord, Nathalie Dufour. Capitaine: Stéphanie Drouin.
Le virage familial est amorcé. Disparition des duchés, des duchesses et de la reine. On remplace les duchés par les bonhomries.
1998

Les knuks, petits êtres moqueurs venus du Nord, fond leur apparition. Taquins et espiègles, ils possèdent des talents de magiciens, de danseurs et de joueurs de tours. Arrivée d’un commanditaire en titre.
1999

Vu l’importance de la participation des bénévoles, on crée le service des ressources humaines pour améliorer l’encadrement (recrutement, formation, activités de reconnaissance).
2000
Ouverture d’un troisième site permanent à Place D’Youville. Le Carnaval décide de faire lui-même la gestion de ses produits dérivés. L’expertise des Ateliers du Carnaval permet de réaliser des contrats externes.
2001
Le Carnaval veut devenir la référence touristique festive hivernale en Amérique du Nord.
2002
On axe davantage la programmation sur des activités interactives (jeu de soccer géant, pêche sur glace, ateliers de sculpture sur neige). Création de la Confrérie des bretelles de la bougie.
2003

Bien que l’hiver ait battu des records de froid depuis les dix dernières années, l’édition 2003 remporte un grand succès.
2004
Le Carnaval fête son 50e anniversaire.
2008
Le Carnaval est le tout premier événement à célébrer le 400e anniversaire de la ville de Québec. Un tout nouveau Défilé est créé spécialement pour l'occasion.
2010

Le Carnaval concentre ses activités sur 2 sites principaux : Place Desjardins et Place Loto-Québec. La Place Hydro-Québec est remplacé par une immense scène extérieure, située sur les plaines, la Scène Hydro-Québec où plusieurs spectacles sont présentés.
Lexique du carnaval
Réalisé par l'Office de la langue française
Périodes carnavalesques depuis 1955
| Années | Dates de l'événement | Années | Dates de l'événement |
|---|---|---|---|
| 1955 | 1er janvier au 22 février | 1983 | 3 février au 13 février |
| 1956 | 29 janvier au 14 février | 1984 | 2 février au 12 février |
| 1957 | 13 janvier au 15 mars | 1985 | 7 février au 17 février |
| 1958 | 1er février au 18 février | 1986 | 6 février au 16 février |
| 1959 | 27 janvier au 10 février | 1987 | 5 février au 15 février |
| 1960 | 13 février au 1er mars | 1988 | 4 février au 14 février |
| 1961 | 26 janvier au 14 février | 1989 | 2 février au 12 février |
| 1962 | 15 février au 6 mars | 1990 | 1er février au 11 février |
| 1963 | 6 février au 26 février | 1991 | 7 février au 17 février |
| 1964 | 23 janvier au 11 février | 1992 | 6 février au 16 février |
| 1965 | 11 février au 2 mars | 1993 | 4 février au 14 février |
| 1966 | 10 février au 22 février | 1994 | 3 février au 13 février |
| 1967 | 26 janvier au 7 février | 1995 | 2 février au 12 février |
| 1968 | 14 février au 22 février | 1996 | 26 janvier au 11 février |
| 1969 | 5 février au 18 février | 1997 | 31 janvier au 16 février |
| 1970 | 28 janvier au 10 février | 1998 | 30 janvier au 15 février |
| 1971 | 4 février au 23 février | 1999 | 29 janvier au 14 février |
| 1972 | 2 février au 13 février | 2000 | 28 janvier au 13 février |
| 1973 | 22 février au 4 mars | 2001 | 26 janvier au 11 février |
| 1974 | 7 février au 17 février | 2002 | 1er février au 17 février |
| 1975 | 6 février au 16 février | 2003 | 31 janvier au 16 février |
| 1976 | 5 février au 15 février | 2004 | 30 janvier au 15 février |
| 1977 | 3 février au 13 février | 2005 | 28 janvier au 13 février |
| 1978 | 2 février au 12 février | 2006 | 27 janvier au 12 février |
| 1979 | 1er février au 11 février | 2007 | 26 janvier au 11 février |
| 1980 | 7 février au 17 février | 2008 | 1er février au 17 février |
| 1981 | 5 février au 15 février | 2009 | 30 janvier au 15 février |
| 1982 | 4 février au 14 février | 2010 | 29 janvier au 14 février |
| 2011 | 28 janvier au 13 février |



